En l'absence de chiffre, les officiels ont pris l'habitude de nous mener en bateau,
ils peuvent de ce fait nous berner autant qu'ils le peuvent surtout quand il s'agit du fameux taux de chômage en Algérie.
les différences données en sources officielles, oscillent entre 2 et 3% (en termes crus, l'enjeu toucherait pas moins de 1 millions de personne qui passeraient entre deux pauses cafés du chômeur endurci à l'actif inactif).
Alors quand tout les responsables s'y mettent, c'est la saga. A commencer par M. le D.G de la CNAC qui en date du 26-02-2009, se vantait, sur le quotidien le Maghreb, d'avoir créé 10.261 micro-entreprises en 4 années d'exercice. (lire l'article: http://www.lemaghrebdz.com/lire.php?id=16563).
Dans cet article, le 1er responsable, faisait éloge des réalisations dudit dispositif à tel point qu'il peut paraître à beaucoup de gens, que la fin du problème du chômage et le démarrage effectif de la relance économique étaient pour bientôt, et surtout qu'elles ne pouvaient avoir lieu sans ce dispositif???
Il poursuit que c'est l'efficacité du mécanisme d’accompagnement (retenez ce mot SVP) des "promoteurs" que ces résultats ont été obtenus.
Plus loin et concernant les secteurs à promouvoir, M. Taleb a affirmé que la Cnac encourageait le transport sanitaire????
En l'absence, d'autres sources concordantes, il est normal que tout peut être dit et même n'importe quoi. Pourqoui?
Parce qu'il s'avère qu'en date du 12/01/2009, une étude à été finalisée et port ait l'intitulé barbare de :
-
Analyse du dispositif CNAC de création d’activités pour les chômeurs- promoteurs âgés entre 35 et 50 ans ;
-
Proposition d’outils et mécanismes de redynamisation du dispositif dans un cadre de développement local participatif.
De cette étude il en ressortit les points suivants :
1- Sur 270.000 visiteurs, accueillis, au 31/12/2008, dans les différentes antennes de la CNAC, 60.000 auraient déposé un projet (un candidat sur cinq).
2- Quelques 44.000 dossiers ont été soumis à l’approbation du Comité de Suivi et de Validation (CSV) et 38.500 ont été validés par ce comité.
3- Parmi ces 38.500 dossiers "potentiels", 24.600 ont été soumis à l’étude bancaire, 12.700 (la moitié) se sont vus notifiés l’accord de financement et près de 10.300 ont, au 31/12/2008, atteint leur objectif.
En fin de compte, trois candidats sur cent auraient fini par réaliser leur projet en une année.
Ce qui est intéressant à relever est qu’il y a eu, entre le CSV et la banque, autant de projets rejetés que ceux financés. Pour preuve, 9800 dossiers ont été refusé par ces deux « partenaires » contre 10.300 approuvés (au 31/12/2008).
Les principales causes de rejets, révélés par l’étude se cernaient le plus souvent entre l’inéligibilité du promoteur, son faible niveau d’instruction et l’absence de rentabilité des projets qu’il présentait.
En termes plus pratiques, le chômeur ayant été attiré par le dispositif était de sexe masculin (80% des cas), la quarantaine bien entamée (45-47 ans), ayant une famille à sa charge, sans profil de formation apparent, optant le plus souvent pour des activités artisanales demandant peu de technicité et visant, pour la plus part des cas rencontrés, un marché local très restreint.
Victime des différentes opérations de licenciement et de compression de personnel, notre chômeur type éligible au dispositif, n’augurait aucune intention de sa part à vouloir entrée dans entrepreneuriat…
Par aileurs, quand un projet de promoteur de niveau 1 (comprenant le lot des analphabètes, niveau primaire, et moyen) est validé par la banque ce sont deux projets de promoteurs de niveau II (universitaires ou technicien supérieur) qui sont approuvés. C’est un signal fort de la part du partenaire financier, car loin de privilégier cette catégorie de chômeur, la banque répondrait plus à un souci de rentabilité. Ceci d'une part,
D'autre part, les promoteurs éligibles ont été contraint (comme seul issue disponible) de contracter un prêt pour créer leurs micro-entreprises à défaut d'attendre d'hypothétiques réembauche ou d'opérations de requalification. (voir condition de dépôt d'un dossier à la CNAC et l'obligation d'être inscrit à l'ANEM depuis au moins 06 mois).
La réticence des banques vis à vis de ce dispositif, comme d'ailleurs pour celui de l'ANSEJ, trouve sa cause dans le fait que les dossiers déposés pour financement sont très mal ficelés à commencer par l'intitulé du projet lui-même ex: maintenance des tableaux de bord des avions ???? (le mieux aurait été pour les "accompagnateurs" de proposer un intitulé pour la maintenance d'équipements électroniques), ou alors la production de plantes non végétales?? qui n'était, après enquête que la production de plantes en plastiques....
Le malheur c'est que pas moins de 95% des micro-entreprises créées par le biais de ce dispositif, se cernaient autour d'activités ambulantes (plomberie, platrerie, vitrerie, ...), les douches et taxiphone, l'élevage d'ovins (80% des activités agricoles proposées), la location de voiture sans chauffeur et le transport sous toutes ses variantes.
Ces résultats, dénotent la carence des rudiments de la création d'entreprises, l'absence de prise d'initiative locale et surtout d'accompagnement des promoteurs pendant les différentes phases de la création.
Cette absence justement d'accompagnement efficace des promoteurs a induit la réticence des banques et par la suite le désintéressement des concernés (ceux et celles qui voulaient vraiment entreprendre).
Ce sentiment semble même toucher les chômeurs diplômés puisque le taux de leur implication passe de 15% avant 2006 à 4,65% en 2008 (quoique l’inexpérience de cette catégorie dans l’entrepreunariat privé a été palpable à travers l’analyse : intitulés de projets mal attribués et parfois incohérents avec le contenu du projet.
Ce que nous pouvons dire en fin de compte est qu'il n'y a pas vraiment de politique volontaire de création d'entreprise en Algérie. Il y a certes des dispositifs et des textes exécutifs qui sont utilisés sans tableau de bord et encore moins avec un personnel qualifié.
Le tout n'est qu'un atout électoral a brandir au peuple, le jour des urnes. Il ya certes des M.E financées mais surtout il y aura beaucoup de promoteurs qui redeviendront chômeurs mais en plus endettés.
- Nul acteur de la vie publique, ne veut vraiment le changement,
- Que chacun s’est donné un espace sur lequel il a une maîtrise parfaite grâce au système procédurier de l’administration,
- Que les fonctionnaires se sentent peu valorisés mais que la garantie de l’emploi et le système de carrière et de retraite pour les hauts fonctionnaires est acceptable pour la stabilité du système,
- Que les usagers du service public se plaignent toujours,
- Que la mondialisation c’est pas pour demain et que la compétitivité n’est pas une préoccupation ;……du moins tant qu’il y aura du pétrole.
Alors,
Il n’est point de raison de changer….
































