« Bête, sale et méchante ». Des épithètes qui, selon Zaïm Bensaci, président du Conseil national consultatif pour la promotion de la PME, s’appliquent à la bureaucratie algérienne.
« Cette bureaucratie est en train de bloquer systématiquement le programme national de mise à niveau des entreprises. Ce n’est pas la faute du ministère de l’Industrie, de la Petite et moyenne entreprise et de la Promotion des investissements. Je parle d’un ministère régalien. S’ils écoutent, ils se reconnaîtront. Tout ce que je sais, c’est que nous n’avons pas avancé », a‑t‑il déclaré lundi sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale.
D’après M. Bensaci, le chiffre officiel de 20 000 entreprises à mettre à niveau n’est qu’un objectif. Uniquement 955 entreprises ont été retenues à la faveur de ce programme dont des TPE (Très petites entreprises) qui, à ses dires, n’ont pas réellement besoin de mise à niveau mais d’un accompagnement technique et de formation. « Nous avons l’impression que la mise à niveau des entreprises n’existe que dans les statistiques. On parle de 20 000 entreprises. Si nous réalisons le chiffre de 1 000, c’est déjà très bien », a‑t‑il appuyé. Selon lui, 30 000 TPE ont disparu en 2011 en raison, entre autres, d’un manque de formation, de faiblesses liées à la gestion et de la peur de prendre des risques. « Il faut combattre ce taux de mortalité élevé si l’on veut promouvoir réellement les PME. Il faut prendre en charge et former les jeunes universitaires qui lancent des projets, leur donner cet amour d’être un chef d’entreprise », a‑t‑il conseillé.
Sur un autre plan, Zaïm Bensaci a annoncé le lancement, à partir de jeudi 12 janvier 2012, d’une étude nationale sur la sous‑traitance en Algérie. « Pour cela, nous allons lancer un avis d’appel d’offres. Nous n’avons pas les moyens financiers de mener nous‑mêmes cette étude. Nous allons apporter notre expertise. Aucune expertise internationale ne sera sollicitée », a‑t‑il indiqué. Les bourses de sous‑traitance et les responsables de grandes entreprises seront sollicités. Selon lui, l’étude servira de référence. « Il faut un plan opérationnel pour organiser cette activité en Algérie, la redynamiser et consolider le tissu de la PME.
Pour pérenniser l’action de soutien, il est important de développer des instruments et des programmes appropriés afin d’avoir une sous‑traitance forte et compétitive », a‑t‑il dit, appelant à la mise en place de pôles de sous‑traitance. « Qu’attendons‑nous comme résultat ? La constitution d’un tissu national de sous‑traitance, la création de valeur ajoutée et d’emplois, la substitution aux importations », a‑t‑il indiqué. D’après lui, la facture d’importation est énorme. « Les grands groupes, comme Sonelgaz et Sonatrach, importent par milliards de dollars. On avance le chiffre de 4 à 5 milliards de dollars d’importations par an. Nous continuons à importer des pièces qui peuvent être fabriquées sur place. Nos unités de sous‑traitance sont encore faibles. Il faut prendre en charge une douzaine d’entreprises de sous‑traitance, les aider, les accompagner techniquement et financièrement et les rendre opérationnelles. Même si ce nombre est faible, l’essentiel est de commencer », a‑t‑il souligné. Zaïm Bensaci a regretté toutefois qu’on ne fasse pas appel à des entreprises algériennes pour la sous‑traitance dans les grands projets comme l’autoroute Est‑Ouest.
TSA du 09/01/2012





























