Il nous était impératif d'aborder le rôle de la recherche dans le développement de l'industrie en Algérie.
Au moment où nous assistons à la vente du patrimoine industriel Algérien, nous, nous briguons l'encouragement à regarder la relance industrielle d'un autre angle, revoir nos sujets et reconsidérer la productivité par l'innovation et non pas continuer a produire ce qui est déjà dépassé, mais améliorer le produit en fonction de la demande du marché tout en valorisant la recherche.
En mécanique, il y a une foule d'innovations qui se remarquent à peine. "Celles-ci se font par incrémentation, au jour le jour, et non pas par rupture technologique". A tel point que de nombreux mécaniciens font de l'innovation, sans s'en rendre compte!.
C'est pour cela que nous vous proposons un sujet traité par Eric Haehnsen, voilà de cela une dizaine d'années déjà, intitulé "l'industrie mécanique sur tout les fronts"
Le matériel et l'immatériel
Loin des bruits de l'Internet, la mécanique innove sans cesse. Souvent dans la discrétion.
Variée, diffuse, imaginative... la mécanique est partout. Autant que l'électronique et l'informatique. "Dans votre ascenseur, dans votre cuisine et dans votre véhicule. Même dans les ordinateurs, les micro-pompes cardiaques ou les nanotechnologies".
Après la déferlante Internet, la mécanique est apparue, aux yeux de certains, beaucoup moins excitante que l"e-commerce" ou la "Net-économie". Pourtant la mécanique est déjà de la partie: "Internet et l'e-commerce se trouvent directement concernés par la mécanique". Car même les cybermarchands ont besoin de la manutention et de la logistique afin de livrer leurs clients. Par ce biais la mécanique est donc présente dans l'économie dite "immatérielle".
Innovation rime d'abord avec compétitivité
En mécanique, il y a des entreprises de process, qui travaillent essentiellement en sous-traitance et d'autres qui fabriquent des produits. "Les plus nombreuses sont les premières citées et utilisent un procédé particulier comme le décolletage, l'usinage ou le découpage-emboutissage". Elles sont soumises aux exigences du donneur d'ordres (coûts et délais) et à celles de la réglementation (environnement, sécurité des conditions de travail). Des exigences qui pèsent lourdement, pour lesquelles "innovation rime d'abord avec compétitivité".
Exemple: sachant que l'amortissement technique d'une scierie est de 25 ans, en voulant augmenter la productivité par homme, en tenant compte de l'amélioration de la qualité du bois débité, en mettant en place un système de vision artificielle (détection optoélectronique par rayon laser couplée à un logiciel prédictif de qualité de bois). "Selon la qualité du bois, le système détermine la meilleure section des planches à découper, ce qui optimise le rendement financier": on attendait de cette innovation, un gain de 3% sur le rendement économique.
Le raccourcissement des délais
Autres axe fort d'innovation, le raccourcissement des délais. Les techniques d'organisation sont à l'honneur en optant pour le SMED (Single Minute Exchange of Dies), "une méthode Japonaise, inventée, il y a plus de vingt ans, qui résidait dans le changement d'outils en une minute... au lieu de plusieurs heures". Parfois, il suffit simplement de mieux gérer le stock d'outils pour diviser par dix le temps de démontage et de remontage. Du coup, "l'innovation technologique se double de l'innovation organisationnelle".
Par ailleurs, les techniques de fabrication rapide émergeant: U.G.V (Usinage à grande vitesse) et U.V.V (usinage à vitesse variable), et également, le cisaillage, la forge et le compactage de poudre métallique à grande vitesse.
Toujours, pour réduire coûts et délais, la simulation numérique "fait tache d'huile" dans l'industrie mécanique. "Démarrée il y a une dizaine d'années dans la forge, avec le célèbre logiciel "Forge" (Forge1, Forge2 et Forge3), la simulation de process industriel cherche aujourd'hui à s'étendre à l'emboutissage, au découpage et même au traitement de surface". Ici la formation prime (en général, le transfert de technologie, en simulation numérique, passe par une formation sur le terrain. Et le logiciel fait partie du lot). Ces actions de proximité sont indispensables. Sinon, les gens n'ont pas le temps de s'y mettre.
Miser sur les jeunes diplômés:
Si le recrutement de tel ou tel profil, notamment les chefs de projets spécialisés, pose encore problème à beaucoup de Pmi du secteur, la mécanique semble redorer progressivement son image auprès des jeunes à tel point qu'il apparaît comme un levier puissant d'innovation au sein des entreprises mécaniciennes.
Les chances de réussite d'un projet reposent inéluctablement sur la qualité des équipes.
Le partenariat
Dans le secteur mécanique, les projets d'innovation sont souvent lourds à supporter financièrement et font intervenir simultanément un nombre important de technologies. C'est pourquoi "plus de la moitié d'entre eux montent en partenariat avec d'autres entreprises", mais aussi "avec des organismes de recherche, des centres techniques, des écoles d'ingénieurs, etc".
Mais qui dit innovation, dit aussi propriété industrielle. "Si la majorité des acteurs veillent à protéger leur innovation avec un dépôt de brevet, d'autres s'y refusent totalement et risquent ainsi un détournement d'idée, c'est donc un thème délicat".
A qui appartient l'innovation? A celui qui la développe ou A celui qui la commande? Les choses ne sont pas simples. Notamment dans le secteur automobile.
Par ailleurs, on observe que dans certains projets, l'exploitation d'un nouveau brevet est aussi l'occasion de collaboration, entre deux industriels ou entre un créateur du nouveau concept et un industriel.
Une réflexion marketing et commerciale
En quelques années les industries mécaniciennes sont devenues des experts dans l'art du marketing, "le facteur clé dans la réussite d'une innovation, c'est d'abord une bonne connaissance du terrain".
Le secret? savoir anticiper sur les besoins des clients, enfin l'écoute du marché conduit aussi à diversifier les débouchés. Une réflexion marketing et commerciale s'impose.
Extrait du dossier réalisé par Eric Haehnsen
Courrier ANVAR page 04 à 9 N°131 -Octobre 2001































