Le marché de l’environnement en Algérie
L’Algérie est entrain de connaître un développement économique et
démographique sans précédent. Le taux élevé d’accroissement de la population a ainsi engendré une urbanisation accélérée, le plus souvent de manière anarchique qui a vu la prolifération de l’habitation précaire. Cela ne s’est pas fait sans conséquences sur l’environnement.
Face à la gravité des problèmes environnementaux, le gouvernement algérien a décidé en 2001 de consacrer une enveloppe financière importante, de près de 970 Md USD, pour atteindre les objectifs inscrits dans le Plan National d’actions pour l’Environnement et le Développement Durable (PNAE-DD), prévu jusqu’en 2010.
État des lieux : un bilan alarmant
Le « Rapport National sur l’État et l’Avenir de l’Environnement » (RNE 2000), qui a servi de base à l’élaboration du Plan National d’Actions pour l’Environnement et le Développement Durable (PNAE-DD), dresse un bilan alarmant sur l’environnement.
Le recensement des problèmes a fait apparaître :
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Des ressources en sols et en couvert végétal en dégradation constante ce qui aboutit à la désertification des parcours steppiques des Hauts Plateaux et du sud. Les surfaces agricoles ainsi perdues depuis 1962 sont estimées à 250 000 ha
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Des ressources en eau limitées et de faible qualité : l’Algérie ne dispose en moyenne annuelle que de 11,5 milliards de m3 et ce volume restreint est en outre menacé par diverses pollutions et une gestion de l’eau qui a favorisé jusque là, l’utilisation irrationnelle de la ressource, des pertes dans les réseaux et divers gaspillages.
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Une couverture forestière qui est passée de 5 M ha en 1830 à 3,9 M ha aujourd’hui dont 2 M sont constitués de maquis.
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L’urbanisation non contrôlée des zones littorales ainsi que le processus d’industrialisation mal maîtrisé ont généré des pollutions industrielles et urbaines croissantes qui sont à l’origine de sérieux problèmes de santé publique.
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Un cadre institutionnel et juridique déficient avec des mécanismes réglementaires souvent peu appliqués.
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De nombreuses associations à caractère écologique mais peu de niveau national. On peut citer:
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l’Association de Recherche sur le Climat et l’Environnement (ARCE)
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l’Association pour la Promotion de l'Ecoefficacité et de la Qualité en Entreprise (APEQUE).
Il n’existe qu’une seule association d’envergure internationale, celle fondée par l’actuel Ministre de l’environnement : « Déserts du Monde ».
La plupart sont des associations à caractère local constituées de bénévoles et mobilisées sur les problèmes spécifiques de leurs régions. Elles manquent toutes de moyens financiers.
Naissance d’une véritable politique environnementale
Le secteur de l’environnement connaît actuellement des mutations à travers notamment le renforcement du cadre institutionnel et juridique
Sur le plan de la politique environnementale, le Plan National d’Actions pour l’Environnement et le Développement Durable (PNAEDD) fixe les différents programmes environnementaux du pays pour 2001-2010.
Ces politiques sont appuyées par le Fonds National de l’Environnement et de dépollution (FEDEP) qui intervient notamment pour aider les entreprises industrielles à réduire ou à éliminer leurs pollutions et les unités de collecte, de traitement et de recyclage des déchets, ainsi que par la nouvelle fiscalité écologique basée sur le principe du pollueur payeur afin d’inciter à des comportements plus respectueux de l’environnement.
* Sur le plan législatif et réglementaire, plusieurs lois ont été promulguées :
- Loi n 01-19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets.
- Loi n°01-20 du 12 Décembre 2001 relative à l’aménagement du territoire dans le cadre du développement durable.
- Loi n°02-02 du 05 février 2002 relative à la protection et à la valorisation du littoral.
- Loi n°03-10 du 19 juillet 2003 relative à la protection de l’Environnement dans le cadre du développement durable.
- Loi n°04-03 du 23 Juin 2004 relative à la protection des zones de montagne dans le cadre du développement durable.
- Loi n°04-09 du 14 août 2004 relative à la promotion des énergies renouvelables dans le cadre du développement durable.
- Loi n°04-20 du 25 Décembre 2004 relative à la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable
- Ratification par l’Algérie du Protocole de Kyoto
- Entrée en application de la fiscalité écologique en janvier 2005. le montant de la taxe est de 24.000DA/tonne de déchets liés aux activités de soin des hôpitaux et cliniques et de 10 500 DA/tonne de déchets industriels dangereux
stockés.
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Sur le plan institutionnel, création de plusieurs organismes :
- Le Centre National des Technologies de Production plus Propres (CNTPP)
- L’Observatoire National de l’Environnement et du Développement Durable.
- L’Agence Nationale des Déchets.
- Le Conservatoire National des Formations à l’environnement
- Le Centre National de Développement des Ressources Biologiques
- Le Commissariat National du Littoral.
- Le Centre National des Technologies de Productions plus Propres.
- Le Haut Conseil de l’Environnement et du Développement Durable.
Principaux débouchés commerciaux
Dans le cadre du Programme Complémentaire de soutien à la croissance pour la période 2005-2009, plusieurs projets ont été prévus.
ils offrent des opportunités intéressantes dans les domaines suivants :
* Eau potable et assainissement : en Algérie, 700 millions de m3 d’eaux usées sont rejetées annuellement. Pour le traitement de ces eaux, il est prévu la réalisation de 10 stations d’épuration et la réhabilitation de 20 autres.
A noter qu’on retrouve sur ce marché toutes les grandes entreprises du secteur (cf. fiche de synthèse : eau potable et eaux usées).
* Gestion des déchets solides et urbains : avec 5 millions de déchets ménagers par an et 2000 décharges non contrôlées. Il est prévu la réalisation dans le cadre du Programme de Gestion Intégrée des déchets Ménagers (PROGDEM) 50 Centres d’Enfouissement Technique (CET). Il est aussi prévu la création de micro entreprises chargées du recyclage des sachets en plastique.
* Gestion des déchets spéciaux : L’Algérie produit plus de 300.000 tonnes de déchets spéciaux par an. Des opportunités existent notamment pour la sensibilisation des producteurs de déchets par la formation, la réalisation d’unités de récupération d’huiles usagées, l’implantation d’incinérateurs de déchets liés aux activités de soins infectieux. Il est aussi prévu le désamiantage de 145 établissements de formation professionnelle.
* Pollution industrielle dans le secteur énergétique : L’Algérie produit 2.000.000 de tonnes de déchets industriels par an. Les hydrocarbures représentent 34% des déchets industriels stockés, le secteur des mines représente quant à lui 13%. Des opportunités existent notamment pour réduire les pertes dans les systèmes de transport et de distribution. S’agissant des gaz torchés, il est prévu 7 projets d’investissement horizon 2007. Les gisements concernés sont : Hassi R’Mel, Hassi Messaoud, In Aménas et Rhourde Nouss.
* Pollution industrielle dans le secteur des transports : des opportunités existent notamment pour la mise en place d’une gestion rationnelle de la circulation automobile, la promotion des carburants les moins polluants et le développement de centres de contrôle technique pour les véhicules.
* Aménagement du territoire : des opportunités existent notamment pour l’aménagement d’espaces verts, la création de parcs et de jardins botaniques, la préservation du littoral, la réhabilitation du patrimoine culturel.































